Diaby Mohamed ou l’histoire d’un « futuristic dreamer »…

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Hello Tokpa People, Quand je dis Diaby Mohamed, ça vous dit ? Je sais je sais, nos amis dioula et baoulé ont souvent les même noms et prénoms. J’ajoute donc : M.Diaby Mohamed Social CI Fashion Geek The Whub Digital Week Abidjan, han han vous voyez maintenant ?

M.Diaby Mohamed, l’homme à plus de 3413 amis sur Facebook, 9877 abonnés sur Twitter et 3075 abonnés sur Google+, n’est plus à présenter pour ceux qui suivent de près la communauté web ivoirienne.

Comme beaucoup d’entre vous, je l’ai connu sur les réseaux sociaux. Bon c’est vrai certains diront nous aussi on le connait mais esseu* vous pouvez faire une blague qui va lui faire rire ? lui envoyer un message et il répond dans les secondes qui suivent ? Esseu vous pouvez taper sa tête comme moi je le fais ? Il y a connaitre et connaitre hein.  Bref un peu plus de sérieux par ici. Moi je suis une grande affairée, ça tout le monde le sait, rien de nouveau, quand donc je manifeste un intérêt pour une personne je m’arrange à avoir toutes les infos possible sur elle, oui c’est ça, quand tu fais quelque chose fait ça bien.

Ma curiosité sur lui s’est accrue quand dans son wêrê wêrêya ou je dirai son amour pour les causes sociales, il a été arrêté – suite à un malentendu- début d’année 2013 avec son compagnon M.Cyriac Gbogou, plus wêrê wêrê que lui pour avoir pris l’initiative de venir en aide aux victimes d’Abidjan, ville lumières. Ca a fait un tollé sur les réseaux sociaux, nous les kpakpatos avons chargé l’affaire sur notre tête et Dieu merci ils en sont sortis Sains et saufs. Bref passons je n’ai pas envie de réveiller de douloureux souvenirs ici.

De là, j’ai véritablement commencé à m’intéresser à lui, ses actions, etc. Et quelques temps après me voici dans son bureau à papoter avec lui, prendre des conseils et lui envoyer un message chaque fois que j’ai besoin de lui. Je vois certain dirent ah ah toi la fille tu parles trop, je sais, je sais, allons directement à l’entretien que je vous invite à déguster entièrement. Bonne lecture.

Diaby MohamedGrando Diaby Mohamed, celui que j’appelle l’homme aux conseils d’argent, merci d’avoir accepté d’être le premier que j’interview pour le retour de TokpaTIC, on aimerait savoir, quand je dis on c’est moi et tous ces tokpas qui me suivent, qui est Diaby Mohamed ? Quelle formation a-t-il suivie et ce qu’il fait dans la vie ?

Diaby Mohamed est entrepreneur dans les technologies, fondateur du groupe Waleya que je définis comme a venture-building company, c’est à dire une entreprise qui crée d’autres entreprises. Nous avons des activités dans le conseil et le management (avec un focus sur la recherche, le développement et l’innovation technologique), dans le marketing digital, dans l’évènementiel et dans l’économie des startups. Je suis diplômé MBA en marketing communication sur Internet après une formation d’ingénieur en commerce et quelques spécialisations dans les télécommunications, l’informatique appliquée, les langues et l’entrepreneuriat.

Ben dis donc, tout ça là pour toi ? Pour le peu que j’ai vu, on sent la passion quand on t’écoute, te lit, t’entend parler.D’où te vient-elle ?

En recherchant je suis arrivé à mettre un terme sur cette passion : futuristic dreamer. La passion de créer et dessiner le futur, de réinventer le monde d’aujourd’hui et d’apporter ma touche à cette révolution complète de notre monde. Je crois que je l’ai depuis toujours, quand tout petit je me voyais déjà inventeur, médecin, astronaute, pilote ou encore photographe de guerre. La technologie apporte aujourd’hui plus d’outils à la réalisation de tous ces rêves et permet de les réaliser. J’aime créer au quotidien, voir mes idées se concrétiser, innover et surtout apprendre de nouvelles choses pour pouvoir les utiliser par la suite dans les projets que je lance.

Ah là si on fouille bien, ce gars-là n’a pas jouer dans le sable, genre les « solé mollets, les gomanins etc. » mdr le mec regardait les documentaires, les dessins animés comme les spartacus et autres.  

On te connais différents concepts comme Fashion Geek, Digital Week , Social CI, the Whub, peux-tu nous dire ce que c’est et nous en donner l’objectif, c’est l’argent tu cherches waaa c’est autre chose ? lol

Ces concepts sont juste la suite logique de la réalisation de cette passion précédemment abordée. Penser des choses et les voir se réaliser. Il y’en aura encore d’autres dans les prochains mois mais c’est surtout un moyen pour moi d’exprimer toutes ces choses sur lesquelles je travaille sur mon tableau blanc et voir des notes devenir réalité, c’est toute la magie du travail que je fais.

Je ne vous ai pas dit ? Le mec était un fan de spartacus, spectroman, inspecteur gadget, ko tableau blanc, ok ok je sors*.

Fashion Geek

Fashion Geek est un rendez-vous annuel pour les passionnés de technologie pour pouvoir se divertir no limit. Je l’ai imaginé depuis le début comme un talk-show enregistré live qui donne la possibilité à chacun des participants présents de pouvoir participer à la réalisation d’une ambiance de folie. La seconde édition sera très bientôt annoncée avec de belles et grosses surprises et toujours cette volonté de pousser encore plus loin les limites du fun.

 

Digital Week AbidjanDigital Week est un vieux rêve d’organiser une conférence majeure sur l’Internet et la technologie dont la première édition a eu lieu en mars dernier à Abidjan. L’idée d’une semaine entière dédiée à l’économie numérique, entre partage d’expérience des pionniers, compétition de startups et de jeunes innovateurs ou encore journées d’échanges et de conversations avec des leaders mondiaux du secteur me paraissait un point important à aborder pour comprendre et surtout anticiper sur les prochaines révolutions du secteur.

The Whub

 

Le hub W (#TheWhub) est un hub technologique entièrement offert à la communauté des jeunes entrepreneurs technologiques et innovateurs de Côte d’Ivoire. Le challenge de créer un espace social de rencontre entre des communautés de passionnés qui redécouvrent leurs métiers et secteurs d’activités, qui sont formés et accompagnés dans la réalisation de leurs projets d’entreprises et qui deviennent rapidement le point de rassemblement des principaux acteurs et événements de la communauté Web de Cote d’Ivoire.

On a compris, dès que je rentre je pose mes valises là-bas direct. Tu as parlé de ce que tu veux apporter par ces évents au numérique au pays, dit moi, Quel est ton avis sur le sujet ? Que penses-tu de l’avancée des TIC en Côte d’Ivoire ? Peut-on réellement parler de « boom » technologique ?

L’économie numérique représente 7 à 8% du PIB ivoirien, d’une économie dont la croissance va tendre de manière régulière vers les deux chiffres. Le boom est évident même s’il reste encore beaucoup à faire et qu’il serait beaucoup plus facile de se poser en critique éclairé du programme actuel mis en place par les autorités. Il est important de redéfinir cette vision de l’économie numérique en Côte d’ivoire et ne pas uniquement la focaliser sur les télécommunications. Il est primordial de favoriser l’accès au matériel et à une meilleure connectivité pour les populations grâce à des mécanismes déjà éprouvés dans d’autres pays. Il est enfin important de réformer les programmes de formations actuels pour y inclure les challenges du présent que sont la programmation informatique, l’entrepreneuriat technologique, les nouveaux métiers du Web, etc. Nous avons de gros atouts et il faut maintenant mettre en place les mécanismes adéquats pour en profiter.

M.Diaby Mohamed

M.Diaby Mohamed lors de la première édition de Fashion Geek

Quand on prend les pays anglophones comme le Ghana, le Nigéria, le Kenya, l’Afrique du sud etc, on peut dire « qu’il n y a pas match » entre eux et nous vu comment les choses sont chez eux, à ton avis, que nous manque-t-il pour être à leur niveau ?

La barrière de la langue bien évidemment qui empêche de bénéficier de toutes les opportunités à l’international et surtout des meilleures formations au monde aujourd’hui offertes via les moocs. C’est la suite logique d’un challenge national d’amélioration du taux d’alphabétisation des populations en 3 étapes (alphabétisation, apprentissage des langues étrangères, développement de compétences informatiques).

Quand je pense qu’un certain ministre avait abordé le sujet … fhum

Ensuite il faut un mindshift important [ah affaire d’anglais deh, quand tu comprends, tu ne peux faire une phrase sans employez un mot anglais, il veut dire changement de mentalité].  Le culte du fonctionnaire et du salaire établi qui plombe les performances même dans le secteur privé, La volonté de se dépasser pour être le meilleur, l’esprit de la saine compétition et de la collaboration, La culture du risque, l’assainissement de l’environnement des affaires et enfin la création d’opportunités pour que chacun puisse saisir sa chance.

Trop longtemps nous sommes restés dans le mirage du miracle des années 1980. Il faut repartir de l’avant, et se dire que tout est encore possible et que nous avons toutes les ressources pour accomplir ce challenge dans un élan national et patriotique.

C’est bon c’est bon, sinon on ne va pas quitter ici, parlons de l’entrepreneuriat dans les domaines technologique et de l’innovation en Côte d’Ivoire, qu’en penses-tu ?

Il y’a de bonnes initiatives. Je suis très heureux de voir certains amis réaliser leurs rêves justement et porter haut le flambeau du drapeau ivoirien. Mais il reste beaucoup à faire, tellement de choses à accomplir. En moins de 2 ans on a vu fleurir plus de 4 espaces dédiés à cette thématique (incubateurs, hubs, tiers lieu). Il y’a une véritable prise de conscience qui se confronte à des moyens et des initiatives entrepreneuriales et qui permet justement de faire avancer les choses.

En gros, allez comprendre que la jeunesse ne fait plus rien avec le coupé décalé, en fait ce que je dis-là n’a aucun sens, je voulais juste dire quelque chose.

Je voudrais partager quelques conseils. Il faut sortir du principe de la main tendue et comprendre qu’un projet entrepreneurial surtout dans les technologies se construit et demande du travail acharné et de l’abnégation. Et il est primordial d’avoir une excellente culture de l’innovation, en comprendre les principes, les usages et les tendances, ne pas réinventer la roue mais la transformer et surtout s’aligner sur des standards internationaux pour espérer prétendre un jour faire partie des leaders de demain.

Affaire de standards internationaux, merci pour cet échange remplis de bonne informations et de motivations, il y a quelque chose qui me démange la bouche, c’est leur affaire de VITIB là, depuis je suis en terminale la chose a été lancé, au cycle supérieur, un de mes prof en a parlé, il a même dit que ça allait bouleversé les choses et créer beaucoup d’opportunités, mais depuis là moi je ne vois rien, je ne sais pas si c’est dû à mes verres may be je dois les changer, mais toi qui est si bien informé et cultivé, c’est quoi ton avis sur le sujet ? Peut-on le qualifier de fiasco ?

Mon avis sur ce projet a toujours été le même. Nous avons besoin d’un projet similaire. Mais il est primordial d’aligner cette vision avec les réalités d’aujourd’hui. Des challenges comme celui de l’extraterritorialité ou de la prise en compte des véritables attentes des startups sont primordiaux pour en assurer la réussite. Des connections avec les écoles et universités pour créer une émulation de la prochaine génération d’entrepreneurs. Le VITIB à lui seul ne peut pas tout résoudre et surtout gérer ce flot incessant d’attentes des entrepreneurs technologiques. Il faut plus de moyens, plus d’opportunités, plus de collaboration et surtout plus d’agilité dans la gestion des différents processus engagés.

J’espère que cet échange vous a plu, sur ce bonne journée.

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TokpaTIC est un blog d'actualité sur les TIC en Afrique avec un focus sur la Côte d'Ivoire

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